Les maladies cardiovasculaires tuent un Européen sur trois et coûtent 282 milliards d’euros par an. Gwladys Johnson présente pour The European Scientist CHAIN, le réseau lancé par la Commission européenne et coordonné par la Société européenne de cardiologie, qui veut faire passer l’intelligence artificielle du laboratoire au chevet des patients.
Les maladies cardiovasculaires tuent un Européen sur trois et coûtent 282 milliards d’euros par an, une somme supérieure au budget annuel de l’UE. Pour réduire ce fardeau, la Commission européenne a lancé le réseau CHAIN, destiné à déployer l’intelligence artificielle dans la prévention et le traitement des maladies du cœur à l’échelle du continent. Ce projet de 36 mois est financé par le programme EU4Health, à hauteur de 20 millions d’euros.
53 partenaires dans 20 pays
Le réseau réunit 53 partenaires issus de 20 pays européens : universités, hôpitaux, entreprises technologiques, ministères de la santé et associations de patients. Il est coordonné par la Société européenne de cardiologie (ESC), qui dispose déjà d’un registre unifié de données cardiovasculaires couvrant 18 pays membres.
Connecter hôpitaux et registres pour tester l’IA à grande échelle
Le principe de CHAIN repose sur la connexion sécurisée d’hôpitaux, de bases de données de santé et de registres de maladies à travers l’Europe. Concrètement, cela permettra de tester et de valider des outils d’intelligence artificielle à grande échelle, puis de les déployer dans les systèmes de soins. Six applications concrètes seront mises en œuvre dans 13 pays, couvrant la prévention, le diagnostic précoce et l’aide à la décision clinique.
« La question n’est plus simplement ce que l’IA peut faire. La question est de savoir comment la faire fonctionner de manière sûre et efficace pour les patients et les professionnels de santé dans les soins quotidiens », a déclaré Olivér Várhelyi, commissaire européen à la santé.
Un « passeport IA » pour chaque outil
Les outils validés seront regroupés dans un répertoire européen accessible aux hôpitaux et aux autorités sanitaires. Chaque outil sera accompagné d’un « passeport IA » documentant ses performances, sa sécurité et son aptitude à l’usage clinique. L’objectif est de donner aux professionnels de santé des garanties claires sur ce qui fonctionne, pour quels patients et dans quels contextes.
« Les patients et les professionnels de santé attendent des sociétés médicales comme l’ESC qu’elles montrent la voie : qu’elles fournissent un cadre pour la mise en œuvre de solutions fiables qui apportent une vraie valeur ajoutée », a souligné le professeur Folkert Asselbergs, coordinateur scientifique du projet à l’Amsterdam University Medical Centre.
Un cadre réglementaire en pleine recomposition
CHAIN s’inscrit dans un contexte réglementaire en pleine évolution. L’Espace européen des données de santé, la loi sur l’IA et les nouvelles règles sur les dispositifs médicaux redessinent le cadre dans lequel ces technologies sont développées et déployées. Le réseau est conçu pour s’y conformer dès sa conception.
Gwladys Johnson
Crédit image : Peterhcharlton, via Wikimedia Commons, CC BY 4.0
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