L’usage intensif des réseaux sociaux contribue à une dégradation marquée du bien-être des jeunes, en particulier chez les adolescentes des pays anglophones et d’Europe occidentale. C’est l’un des constats centraux du rapport mondial sur le bonheur 2026, publié par le Wellbeing Research Centre de l’université d’Oxford.
L’étude repose sur les réponses de près de 100 000 personnes dans 140 pays et territoires. Chaque participant était invité à évaluer sa propre vie sur une échelle de 0 à 10. Les données ont été collectées en partenariat avec l’institut Gallup et le Réseau des solutions pour le développement durable des Nations Unies.
Chez les moins de 25 ans dans les pays anglophones et en Europe occidentale, ce score a chuté de près d’un point en dix ans. La corrélation est particulièrement nette chez les adolescentes. Les filles de 15 ans qui utilisent les réseaux sociaux cinq heures par jour ou plus déclarent une satisfaction de vie inférieure à celles qui en font un usage modéré.
Les jeunes qui utilisent les réseaux sociaux moins d’une heure par jour affichent les niveaux de bien-être les plus élevés, supérieurs même à ceux qui n’en utilisent pas du tout. Or les adolescents y consacrent en moyenne 2,5 heures quotidiennes.
« Il est clair que nous devrions chercher autant que possible à remettre le « social » dans les réseaux sociaux », déclare le professeur Jan-Emmanuel De Neve, économiste à Oxford et co-éditeur du rapport.
Les plateformes les plus néfastes sont celles dont les contenus sont pilotés par des algorithmes, mettent en avant des influenceurs et privilégient le visuel. Elles favorisent les comparaisons sociales. Les plateformes centrées sur la communication directe entre pairs produisent des effets moins délétères.
Le rapport note toutefois des disparités géographiques. Au Moyen-Orient et en Amérique du Sud, l’usage intensif des réseaux sociaux n’est pas associé à une baisse du bien-être des jeunes. Les auteurs attribuent cet écart à des facteurs culturels et sociaux propres à chaque région.
Sur le classement général, la Finlande reste le pays le plus heureux du monde pour la neuvième année consécutive, devant l’Islande, le Danemark, la Suède et la Norvège. Le Costa Rica intègre le top 5 en bondissant de la 23e à la 4e place. « Nous pensons que c’est lié à la qualité de leur vie sociale et à la stabilité dont ils jouissent », explique le professeur De Neve.
Les États-Unis se classent 23e, le Canada 25e et le Royaume-Uni 29e. Pour la deuxième année consécutive, aucun pays anglophone ne figure dans le top 10.